Arkivet, Thorvaldsens Museum

 
No. 8198 af 10246
Afsender Dato Modtager
Harro Harring [+]

Afsendersted

Bordeaux

Afsenderinfo

Brevet har været lukket med et rødt segl med overlag af papir, hvori er præget et punktmønster.

6.10.1839 [+]

Dateringsbegrundelse

Dateringen fremgår af brevet.

Bertel Thorvaldsen [+]

Modtagersted

Sendt til København, af Postvæsnet rettet til Nysø.

Modtagerinfo

Udskrift: Monsieur / Monsieur de Thorwaldsen / Conseiller d’État et Chevalier des plusieurs Ordres / etc etc à Charlottenburg / Copenhague / en Danemarck.
Udskriftens “Copenhauge” er ændret af postvæsenet til “paa Nyesøe ved Præs[t]øe.”
Brevet er poststemplet: “Bordeaux 09.10.1839” og “Hamburg 22.10.1839”.

Resumé

Kommentarerne til dette brev er under udarbejdelse.

Se original

S.T. An Thorwaldson.

Bordeaux, den 6t Octbr. 1839.

Großer Mann!
Wenn Sie Sich noch eines Jünglings erinnern, dem Sie bei seiner Rückkehr von Griechenland, in Rom im Jahre 1822 Ihre Theilnahme und Ihr Wohlwollen schenkten; so möge es Sie nicht befremden, wenn derselbe als Mann, seiner frühern Überzeugung als Mensch getreu geblieben, Ihnen seinen Dank zu wiederhohlen und irgend einen Beweis seiner reinsten Verehrung Ihnen darzubringen sucht.
Seit ich vernommen, daß Sie in unserm Vaterlande leben, fühlte ich den Drang, mich an Sie zu wenden. Allein eine strenge Discretion und die Gefahr, von Ihnen verkännt zu werden, hielt mich zurück. Ich begann mehrere Briefe und gewiß sie und ich weis nicht ob ich diesen absenden werde. –
Sie schauen einst in mir als Jüngling ein Talent als Dichter zu erkännen, nach dem Brönstedt Ihnen meine ersten poetischen Versuche mittheilte. Ich habe jenes Talent auszubilden gesucht, indem es mich unwillkürlich zu neuen Werken reizte – es sind über vierzig Bande und Bändchen meiner Schriften erschienen (wohl meistens unbekannt im Vaterlande) und Manuskripte für zwanzig Bände werden nach meinem Tode dem Vaterlande anheimfallen – wenn nicht die wichtigsten hier und dort durch interessirte Gläubiger verloren gehen.
Es wird Ihnen nicht unbekannt seyn, daß ich meiner Kraft des Werts der heiligen Sache der Menschheit weihete, wo ich diese unterdruckt fand. Sie wissen vielleicht, daß ich mein Erdenglück und meiner Ruhe, meinen Erwerb – mich selbst meiner Überzeugung opferte, welche mit Natur und Vernunft übereinstimmt. –
Wiewohl ich directe nie ein Verbrechen begangen gegen unser dänische Regierung, ward mir, wie Ihnen bekannt seyn wieder durch Russische Vorherrschaft, die Rückkehr in unser Vaterland untersagt. Ich lebe in der fremde ohne Mittel der Existenz – ohne Aussicht durch den Ertrag meiner Werke Linderung zu geniessen, weil mein Name im Vaterlande nicht gedruckt werden darf. Ich bin physisch kränklich in Folge einer Verwundung, im Kampf für mein reines Selbstbewußtseyn. Ohnerachtet meinen Leiden, drängt es mich dennoch fortwähnend zu litterärischen Arbeit, zumal zur Vollendung meinen Autobiographie, von welchen ich noch einige Bände zu liefern hätte. – An wen soll ich mich wenden, äussern Ruhe zu erlangen – meine Manuscripte aus den Händen gewsissenlosen Gläubiger zu retten – und noch ferner wirken zu können – für eine spätere Generation ?
Meinen Discretion verwebt sich in männlichen Stolz im Rückblick auf mein ganzes Leben. Ich lebe ohne Hoffnung auf Erden irgend ein Glück zu geniessen, allein ich lebe aus Pflicht. – Werden Sie mir verzeihen, daß ich Ihnen mein Herz eröffnete, daß ich Ihnen meine Leiden andeutete ? Ich wünsche und erbitte kein Geschenk – ich wünsche irgend einen Vorschuß auf das Capital meinen Werke, die ich hinterlasse und die einen Werth behaupten werden nach meinem Ende – unter andere Verhältnissen.
Ich weiß daß edle, große Seelen durch Attraction sich leicht vereinigen und hat zu voraus, daß Sie mit Männern in inniger Berührung leben welche Ihnen verwandt sind an Erhabenheit des Geistes, an Tiefe des Gefühls. Eröffnen Sie diesen meine Lage, grüssen Sie Etatsrath Bech (von Tuborg) und meinen Freund Bissen; und bitten Sie jemand – mir zu antworten. Mit unaussprechlicher Verehrung.
Ihr Harro Harring
Addr. pr Couvert. Mr Fr. Strackerjan N. 114 Facade des Chartrous à Bordeaux.

Déclaration de Mr. Harro Harring

Persécuté, comme proscrit politique depuis dixsept ans, obligé de renoncer à ma Patrie, le Danemark, j’avais choisi pour asile la petite île d’Héligoland, où, comme toujours, je me livrai à mes goûts pour les travaux littéraires.

Le 7 Avril 1838, le Gouverneur Anglais, sir Henri King, me fit signifier l’ordre de quitter l’île dans le délai de trois jours. Je voulus en appeler à Londres; cette faculté me fut interdite.

N’ayant commis aucun crime, ainsi que pouvent le témoigner les habitans de l’île, & voyant que le plan arrêté était de me livrer à la Russie, je pris le parti de me renfermer chez moi & d’attendre assistance et protection de la part du Cabinet Britanniques.

Le 5 Juin de la même année, on viola mon domicile, la force brutale obéissant à un orore illégal, me maltraità; les coups de bayonnette et les coups de crosses ne m’epargnérent point, on se rendit maître de ma personne, on me lia les mains derrière le dos et on me traîna à bord du Brick de guerre le Partridge, om me débarqua à Sheerness, le 26 Juin, où je fus relaxé, sans avoir été entendu.

Je me renvis à Londres dans l’intention de réclamer contre les mauvais traitements exercés sur ma personne. Par l’entremise et sous la protection de S.S. Lord Dudley Stuart, je confiai ma cause à Mr. E. Beales, avocat. J’eus la faveur de recevoir, en ma qualité de réfugié politique, les subsides du Gouvernement anglais comme au paravant, et en contradiction des violences inhumaines dont j’avais été victime à Héligoland.

Je demandai que mon accusation fut publique, dès que Mr. William Morris, Lieutenant commandant du brick le Partridge, m’eut communiqué le rapport secret fait par le Commissaire de Police, Mr. Block, à Héligoland, au Colonial office. Ce rapport dit entr’autres choses: “que mon chien s’étais-battre avec un “autre chien – qu’on me connaissait pour un proscrit politique “& membre de l’émigration polonaise.”
Je demandai a être entendu et jugé publiquement d’après les lois anglaises. Je n’ai pas été écouté. On a refusé de me communiquer des charges qui, disait-on pesaient sur moi, & pour ne pas donner suite à un procès légal que j’appelais de tous mes voeux, on supprima le rappors secret fait sur mon compte, par la police d’Héligoland.

En attendant qu’on revint à des idées de justice à mon égard, je s’ejournai dans l’île de Jersey, depuis le 11 Juillet 1838, sans donner aux autorités aucun motif de plainte ou de mécontentement sur ma conduite.
Cependant, n’ayant nullement vu de jugemens de la part des autorités d’Héligoland, contre moi, ni aucun acte de bannissement à jamais, je ne vis aucun empêchement à l’exécution du projet que j’avais de retourner dans cette île où j’avais donné rendez-vous à plusieurs membres de ma famille.

Je partis donc le 21 Avril 1839 sur le brick l’hébé de Jersey, muni d’un passeport du maire de sre. Helier – Jersey. A l’embouchure de l’Elbe, nous rencontrâmes une chaloupe de pécheurs d’Héligoland, nommé le Patriote; je m’y embarquai et je fus rendu à ma destination le 1er. Mai, à 9 heures du soir.
Le lendemain vers 11 heures du matin, je sortis pour voir quelques uns de mes amis. Tout-à-coup je fus surpris et arrêté en pleine rue par deux agents de police qui m’amènerent violemment vers le port et mejetèrent dans la Chaloupe le patriote; pourêtre débarqué sur une des côtes du Continent; On m’exposait ainsi à tomber dans les mains des Russes et à être conduit en Sibérie, attendu que des ambassades danoises m’avait déclaré sujetrusse en me refusant de passeport danois. Je voulus leur parler de ma position, du tort qu’on me fesait; rien ne put toucher ces mercenaires qui remplirent jusqu’aubous leur misérable mission.

Me voyant victime d’une noire trahison, il ne me restait qu’à choisir entre la torture & la mort. Je me décidai pour ce dernier parti et aussitôt, je me jettai à la mer bien que je ne sache pas nager; bientôt j’épuisai mes forces et perdis connaissance, & la barque d’un Citoyen d’Héligoland me recueillit presque mort – . Je pus reprendre mes sens, on me mit à terre et l’on me transporta dans un hôtel où l’on me coucha immédiatement. On manda un médecin; mais sa présence devint inutile, car à peine fus je au lit que les sbires de Sir Henri King se présentèrent sur un ordre de ce gouverneur pour me soumettre de nouveau à des actes arbitraires. On m’arracha du lit, malgré les représentations du médecin, témoin de cette scène. Tout nu, n’ayant sur moi que ma chemise et en pantoufles, on me permit de m’envelopper dans mon manteau et dans cet état je fus pour la seconde fois, jeté dans la chaloupe le patriote, qui avait ordre de me d’ébarquer au bord du continent.

Flongé dans mes rêves pendant 24 heures de souffrance dans cette chaloupe anglaise, je conçu; le projet de me sauver au bord d’un navire allant en france. Une occasion favorable se présenta à moi, un Navire allant à Bordeaux me sembla un réfuge assuré, j’arrivai à bord de ce navire malgré les difficultés de m’échapper de la Chaloupe le Patriote.

Sachant par expérience que toute réclamation de la part d’un Etranger contre le despotisme d’un Gouverneur anglais, mâle ou femelle, est une chose vaine, inutile & illusoire, je suis bien décivé à ne plus retourner en Angleterre, ni dans aucune île anglaise comme réfugié politique.

Je ne fuis pas la Justice, je ne veux pas échapper à la loi. Si je suis coupable je veux être jugé légalement; mais je ne veux pas me laisser vendre au glaive de l’oppression; j’évite le plus possible le Chemin de la Sibérieo, et on m’approuvera d’autant plus, qu’on sait bien ce qui est reservé en Russie à celui qui a osé publier la verité à la face de l’Europe civilisée.

Que les Autorités Anglaises m’appellent pour être jugé loyalement & d’après la législation ou payer et je me rendrai à Londres, qu’on me fasse connaître les Griefs articulés contre moi (x), & j’y répondrai, mais je demande qu’on n’agisse plus par perfidie, qu’on fasse cesser ces actes injustes, indignes du Caractère Anglais, pour s’en tenir aux formes légales qui n’aura plus pour auxiliares la calomnie, la trahison et la mauvaise foi.

Au milieu de mes malheurs, j’ai été assez heureux pour trouver un asile hospitalier en France, comme réfugié politique; L’accueil bienveillant que j’ai reçu à Bordeaux et sous protection du Caractère français, j’espère jouir d’un repos qu’on m’a refusé dans les Etat despotique de l’Europe, même en Angleterre.

Bordeaux, Le 18 Juin 1839 Harro Harring
rue de la Course N’ 45 Auteur des mémoires sur la Pologne &c &c.


[i margen]: (x) note Août 1839. Par rapport de cette Déclaration le Consul d’Angleterre à Bordeaux Mr Scott à recue l’ordre de me rembourser le restant de mes subsides comme réfugie politique; – en preuve que je n’avait pas commis des crimes en Angleterre, ni à Heligoland.

Arkivplacering
m23 1839, nr. 23
Sidst opdateret 10.05.2011 Print