Arkivet, Thorvaldsens Museum

 
No. 9146 af 10012
Afsender Dato Modtager
Joseph Blum [+]

Afsendersted

København

15.7.1843 [+]

Dateringsbegrundelse

Dateringen fremgår af digtet.

Bertel Thorvaldsen [+]

Modtagersted

København

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Resumé

Kommentarerne til dette digt er under udarbejdelse.

Se original

A Thorvaldsen.

Devant la première statue
Où je vis gravé ton grand nom
Je compris toute l’étendue
Et la splendeur de ton renom;
Devant ces nobles traits devant cette figure
Où ton ciseau savant imprima la Nature,
Mon œil alors s’est défié …
Et tout bas, je disais: “Est-ce de la sculpture,
“Ou quelqu’être pétrifié?.”

Praxitele sur cette terre
Est-il donc revenu?
Comment expliquer le mystère
D’un talent si haut parvenu?
Ton âme fut-elle dotée
D’un pouvoir merveilleux?
Ou comme un autre Promethée,
Ás-tu fait un larçin aux dieux?

J’ai vu ce grand palais où ton talent Antique
S’etale avec profusion;
J’ai vu tous tes reliefs, j’ai vu la basilique
Où l’œil suit avec passion
Autour du roi de la Divine Histoire
Les douze apôtres réunis …
Mais ta plus belle œuvre est la gloire
Que tu donnes à ton pays!

Thorvaldsen!! ce beau nom résume
Tout ce que tu fis. – et ma plume
En le traçant, rappelle et ton ciseau païen
Et ton ciseau chrétien;
Ainsi, du Dieu que je vénère,
Jamais mon esprit n’énumere
Tous les bienfaits pour l’adorer;
Et quand je prie un dieu que j’aime,
Dans ce seul mot: Etre suprême!
Je vois tout ce qu’il put créer!

Thorvaldsen, il est beau vers le soir de ta Vie
A cet age où l’on cherche un rayon de soleil,
De laisser l’Italié et son astre vermeil,
D’abandonner un sol dont ton âme est ravie,
Pour revoir le pays de ton premier éveil;

Tu tes ressouvenu de ta chère patrie
Alors qu’en d’autres lieux te suivaient des concerts,
Et tu sus préférer à la Rome fleurie
La froide Haleine des Hivers.

De tes mains sortit tout un monde
Autant que Rubent tu créas;
Pourtant l’âme la plus féconde
Doit un jour s’arrêter, hélas! ...
Heureuse, alors, la noble tête
Qui, portant le fardeau des ans,
Sourit au laurier qui s’apprête
Pour chacun de ses cheveux blancs.

Toi, dont la main toute ta vie
Illustra d’illustres mortels,
Toi qui dressas pour le génie
Et des statues et des autels;
Pense, aujourd’hui, pense à toi-même,
Et de tes propres mains, bientôt
Taille toi de grandeur extrême
Sur ton piedestal le plus haut!

Après ton séjour sur la terre
Trouverons-nous donc aisément
Bertel, une main étrangère
Digne d’un pareil monument?
Non; cette belle œuvre doit être
Formée entiere de tes doigts,
Et comme le Phœnix, tu dois
Par toi-même renaître!

Copenhague.
– 15 Juillet – 43
Joseph Blum
artiste dramatique
de la société française
Arkivplacering
m32, nr. 109
Sidst opdateret 11.03.2013 Print