The Thorvaldsens Museum Archives

Une gravure d’après Peyron retrouvée

  • Meir Stein, arkivet.thorvaldsensmuseum.dk, 1989
  • This is a re-publication of the French summary of the article: Meir Stein: ‘Une gravure d’après Peyron retrouvée’, in: Meddelelser fra Thorvaldsens Museum (Communications from the Thorvaldsens Museum) p. 1989, p. 19-24.
    For a presentation of the article in its original appearance in Danish, please see this facsimile scan.

En 1929, Leo Swane publia le catalogue de l’æuvre gravé de J.F. Clemens, graveur danois (1748-1831). Le no. 375 de la liste est une gravure de 1827: La jeunesse athénienne tirant au sort, d ’après Péron, 310×468 mm. Selon la notice du catalogue il s’agirait du peintre Louis Alexandre Péron (1776-1856) qualifié d’ “académique ennuyeux de tendance néo-classique” . Or, sur ce point, l’auteur du catalogue (d’ailleurs excellent) s’était trompé. En réalité, il s’agit de Jean-Francois Pierre Peyron (1774-1814), un des maitres de la peinture francaise de la fin du XVI IIe siècle. (Voir la monographie fondamentale de Pierre Rosenberg et Udolpho van de Sandt, Paris Arthena 1983). La gravure de Clemens reproduit un tableau important de Peyron Les jeunes Athéniens et les jenne s Athéniennes tirant au sort pour ètre livre’s au Minotaure (Londres, Aspley House) peint à Rome en 1778 et qui provoqua l’admiration générale.

Comment Clemens, travaillant à Copenhague au début du XIXe siècle, a-t-il pu reproduire ce tableau? Il a eu à sa disposition le grand dessin préparatoire de Peyron que lui prèta la comtesse Münster résidant dans la capitale danoise. Si Madame Münster pouvait le lui prèter, c’est quelle l’avait hérité du comte d’Angiviller. On sait que le dernier Directeur général des Båtiments du Roi émigra dans les duchés de Schleswig-Holstein (alors sous la couronne danoise) où il tomba amoureux de la comtesse Münster. En effet, il lui légua trois tableaux importants de sa collection (depuis quelques années au Musée Royal des Beaux-Arts de Copenhague) dont la Mort de Socrate de Peyron que nous avons publié dans le Bulletin de la Société de l’Histoire de l’art Frangais, année 1913 (Paris 1974). Mais il possédait encore une oeuvre de Peyron, le dessin des Filles d’Athènes dont il parie lui-mème. Gràce à une source contemporaine danoise, nous savons que Clemens copia, à l’échelle réduite, le grand dessin passé du comte d’Angiviller à Madame Münster. Un calque au trait exécuté par Clemens sur son dessin réduit (aujourd’hui disparu) se trouve au Cabinet des Estampes à Copenhague. Les descendants de madame Münster au Danemark possèdent toujours des dessins et des gravures ayant appartenu au comte d’Angiviller. Mais son grand dessin magnifìque de la Jeunesse athénienne tirant au sort n’a pas été retrouvé; il pourrait être identique au no. 28 du catalogue de Rosenberg et van de Sandt et, par conséquent, le no. [31] D serait le mème. L’explication des origins de la gravure de Clemens nous permet donc d’identifier les divers dessins.

Last updated 30.11.2017